Viviane Reding lutte pour la mixité

Le 2011/11/14 à 09:15
Pascale Decressac

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D.R.
Vice-présidente de la Commission européenne.


Née au Luxembourg en 1951, Viviane Reding s’est formée en Sciences humaines à l’université de La Sorbonne (Paris) et a été journaliste pendant plus de vingt ans. Parallèlement, elle a débuté en 1979 une carrière politique en tant que députée du Luxembourg. De 1979 à 1989, elle sera conseillère communale, présidente nationale des Femmes chrétiennes sociales et vice-présidente du Parti chrétien social. Membre du Parlement européen de 1989 à 1999, elle intègre en 1999 la Commission européenne où elle est en charge de l’Éducation, de la Culture, de la Jeunesse, des Médias et des Sports jusqu’en 2004, puis de la Société de l’information et des médias de 2004 à 2010. Depuis février 2010, elle est vice-présidente de la Commission européenne, en charge de la Justice, des Droits fondamentaux et de la Citoyenneté.

 

Si elle reconnaît que son statut de femme l’a plutôt servie au cours de sa carrière "parce que nous sommes si peu nombreuses qu’on nous remarque plus si l’on a des choses à dire", Viviane Reding constate que "le plafond de verre existe vraiment". Elle remarque que "la promotion ne se fait malheureusement pas uniquement au mérite". Face à ce problème, qui touche aussi bien le monde politique que les entreprises privées, elle a lancé avec le président du Parlement européen José Manuel Barroso un appel à la signature d’une charte européenne visant à augmenter la présence des femmes dans les conseils d’administration d’ici mars 2012.

 

"Je n’aime pas vraiment les quotas, mais j’aime ce qu’ils permettent", affirme-t-elle. Certaine qu’ "ils ne servent pas à éliminer des talents, mais à en révéler de nouveaux", elle salue la loi sur les quotas dans les conseils d’administration et de surveillance adoptée en France en janvier 2011. Pour elle, la mixité hommes-femmes est la clé du bon fonctionnement d’une organisation, qu’elle soit privée ou publique. "Pour une entreprise, laisser de côté les talents féminins coûte très cher", estime-t-elle, constatant que toutes les études montrent que les femmes réfléchis-sent plus que les hommes avant de prendre des décisions risquées et qu’elles sont plus à même de gérer des équipes. "Et puis il ne faut pas oublier que 80 % des décisions d’achat sont prises par des femmes", rappelle-t-elle. Contre la crise, féminiser les organes de décisions, publics comme privés, lui paraît donc important. Toutefois, le véritable enjeu est ailleurs : "Ce sont les mentalités qu’il faut changer, et cela ne se résout pas par la loi". Mais une fois que les femmes dirigeantes seront la norme et qu’ "avoir des enfants ne sera plus perçu par les entreprises comme une entrave à la progression de carrière", peut-être que les filles hésiteront moins à se donner les moyens de leurs ambitions.

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