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Le 2012/02/20 à 06:50
Valérie Demon, à Madrid
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L’année 2012 sera celle des dangers et des surprises pour les 88 CCI espagnoles. Depuis le retrait soudain des cotisations obligatoires, en décembre 2010, décrété par l’ancien gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero, elles cherchent leur voie. Et, surtout, un nouveau modèle économique. Si, en 2012, les entreprises affichant plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires devront encore cotiser, aucune participation obligatoire n’est prévue pour 2013. Un manque substantiel, puisque les cotisations obligatoires représentaient 60% du budget des CCI, le reste étant autofinancé.
Entre-temps, le gouvernement a changé. C’est désormais le Parti Populaire de droite (PP) qui tient les rênes de l’Espagne. D’ici la fin de l’année, une nouvelle loi consulaire devra être élaborée. Elle prendra du temps, comme l’expliquait le président du réseau des CCI espagnoles en avril 2010 à Commerce International. "Nous voulons établir un consensus maximal avec les partis politiques, administrations et institutions, du gouvernement central jusqu’aux exécutifs régionaux, en passant par les autorités locales, la CEOE (l’organisation patronale, ndlr), ainsi que les agents sociaux. Or, on n’obtient pas un tel consensus en à peine deux mois…. Nous espérons l’entrée en vigueur de la nouvelle loi en 2013".
D’ici l’an prochain, les chambres de commerce espagnoles, qui emploient 3 300 personnes, devront donc se préparer. La majorité d’entre elles a déjà dû licencier une partie de son personnel en 2011. Dans la région de la Catalogne, la chambre de commerce et d’industrie de Barcelone a approuvé un plan de licenciement de 31% du personnel. Quant au budget 2011, il était inférieur de 24,4% à celui de 2010. À Madrid, ce sont 25% des 300 employés qui ont dû abandonner leur poste, après le départ d’une cinquantaine d’autres personnes. "Sur les 67 chambres de commerce et d’industrie les plus importantes, nous sommes passés de 2 644 à 2 219 employés, soit 425 personnes de moins, assure Enrique Perez Moratilla, membre de la section action syndicale du secteur Comfia CC.OO. Il y a eu entre 10 et 35% de suppressions de postes".
Chaque CCI doit donc trouver sa voie pour survivre. Début 2011, une commission bilatérale visant à réfléchir au futur des CCI a été organisée avec la Confédération espagnole des organisations d’entreprises (CEOE). À la mi-décembre, un communiqué conjoint a été publié avec la Confédération des petites et moyennes entreprises, censé maintenir le statu quo jusqu’à ce qu’une nouvelle loi régulant les chambres de commerce et d’industrie soit promulguée. Cette future régulation devra être le fruit d’un consensus entre les trois entités, se baser sur le maintien des CCI et actualiser les services et définir les fonctions de chacun.
Enrique Perez Moratilla sourit: "c’est une déclaration d’intention; je soupçonne fortement les associations patronales de vouloir prendre le contrôle des chambres. La situation de la chambre de commerce et d’industrie de Madrid, où le président, Arturo Fernández, est aussi celui de la patronale de la région, n’est pas idéale. Ce n’est pas la bonne voie à suivre." Pour le syndicaliste, c’est l’une des menaces qui pèsent actuellement sur les chambres, les autres étant la grave crise économique et l’austérité en marche. "Sincèrement, nous ignorons totalement ce qui va se passer dans les prochains mois", assure-t-il.
De son côté, la Chambre de commerce de Madrid réfléchit à la place qu’elle aimerait occuper, notamment dans le domaine de la formation. "La plupart des entreprises ignorent que les CCI opèrent dans le domaine de la formation professionnelle", explique une source consulaire. La région de Madrid vient justement d’implanter un système géré par la CCI, qui combine cours et stage rémunéré en entreprise. Pour l’instant, six entreprises sont inscrites. Le gouvernement du PP, qui va devoir réduire le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans, actuellement de 46%, ainsi que celui de l’abandon scolaire, culminant à 30%, n’a pas encore défini les mesures à prendre. La région de Madrid et sa chambre de commerce ne manqueront pas faire valoir auprès de lui leur nouveau système de formation alternée.